P1030653Grobelix revient d'une formation d'initiation au maraîchage et à l'univers bio, de deux mois et demi, décevante, par manque d'accompagnement, trop de théorie, des conditions de vie en camping, à la ferme, trop précaires (promiscuité, pas d'endroit pour se reposer ni se ressourcer...), dans une région fermée, plate et sans caractère, confronté aux jeux puériles des représentations et demandes affectives de reconnaissance des autres protagonistes...
Epuisé, affaibli par un empoissonnement fortuit...
Ayant eu le sentiment d'avoir subi le courant des phénomènes et de volontés autres, incapable de tenir de quelconques rênes, d'ailleurs incapable de repérer d'éventuelles rênes, et quand bien même, aurait-il su les utiliser...
Le courant de la vie, des jours qui se succèdent, ce grand fleuve, ce grand "monstre", indocile, chariant pêle-mêle, aveuglément, tout, choses et pensées, artifices vains, charivari, tintamarre, entrechoquement à chaque instant d'énormes monceaux d'énergie se neutralisant, se volatilisant... Dessèchement... Aridité, cours insensé d'un flux, convulsions, absurdité, le serment s'est transformé en un serpent qui se mord la queue... Le courant de la vie ainsi vient à bout de tout, dissout tout...
Bref...
Grobelix en tire cependant une maigre satisfaction, il saura amorcer une culture maraîchère, surtout il envisage un changement de vie total...

Il n'y a plus, il n'a plus d'alternative, il a fait le tour, intérieurement, serpentant et serpentant encore, descendant et dégringolant, paresseux, jouissant comme la foule de peccadilles sans valeurs, repoussant comme un dormeur invétéré son (r)éveil...

Mais rien n'est gagné, rien n'est perdu...

Grobelix est profondément affecté par un mal...
Ce mal pourrait être défini par un terme générique et global : LA DEPRESSION...

Qu'est-ce ???

Une souffrance existentielle correspondant peut-être à une insatisfaction profonde de son rapport au monde et de la réponse du monde qui s'offre à lui...

PABOBELIX...

Pour faire très court et cesser de regarder dans le rétroviseur, Grobelix se sent depuis très longtemps comme dépossédé de son âme, comme s'il s'été perdu dans un monde dépourvu de sens, perdu à lui-même, errant, à la dérive, fixant, impuissant, ce  monde, son monde, s'auto-détruisant à toute vitesse... Destruction de l'environnement, saccage de toutes les ressources de la planète, destruction des sagesses et avénement d'une culture nihiliste, égoïste, individualiste, matérialiste...
Grobelix est le monde, le monde est Grobelix...
Même le temps lui avait échappé, le temps de la société qui l'a accéléré et mis sur des rails, au service d'empires de la déraison et de mirages...
Prise d'otage totale des consciences et imaginaires au service de l'Hubris, une conscience totalitaire et démoniaque...
Grobelix a essayé de nombreuses fois de se redéfinir, de se recréer dans une nouvelle espérance, dans un nouveau monde auquel il souhaitait se consacrer à sa refondation...
Quitter définitivement un statut illusoire...
Briser un mauvais songe, une vie par procuration, déchirer, rompre un lourd asservissement de la conscience, ne pas fuir mais consacrer sa vie à une exploration existentielle, partir en quête de son Soi de Lumière et du Soi de Lumière des autres, croire que ce travail de forge intérieur, à la Source, y puiser l'énergie "créatrice", n'est pas une chimère mais qu'il aboutira, accédera au delà du Désir à une réponse... qui vaincra "le mal"...
A la Réponse de l'Appel...
Changer de Paradigme, croire en la Source, en la Lumière, en une Vie authentique...
En bouddhisme, par exemple, on défini l'état de Bouddha, état d'Etre de celui qui se consacre à LA VIE, par la joie, le véritable soi, la pureté et l'éternité...
Aujourd'hui, maintenant je franchis mon Rubicon...
Je (me) lance...

Salut à toi, la bonne fée du Sud. ;-)